
Les romans de Rampo tel que "la bête aveugle" ou "la chambre rouge" ne sont pas de vulgaires romans policiers, et si celui-ci emprunte son pseudonyme à Edgar Allan Poe s'est bien sur par respect pour l'oeuvre de ce dernier, dont il s'approprie les éléments les plus obscurs qu'il réinjecte dans ses polars teintés de bondage et d'érotisme déviant.
Seulement l'Eroguro ne se limite pas aux ouvrages de Rampo. Et très rapidement des mangakas s'inspire du mouvement afin de laisser libre court à leur imaginaire. Suehiro Maruo, restant à la fois l'exemple le plus célèbre et le plus talentueux.

Avec Shintaro Kago, on commence à rentrer dans le réellement explicite. Le trait est certe moins travaillé que celui de Maruo, mais reste loin de l'amateurisme.

Le troisième et dernier maître du genre s'appelle Waita Uziga, et fait, lui, dans le hentaï-kawai à tendance crade. Ca commence toujours pas des histoires bon enfant, dont le dessin naïf ne laisse rien présager de toxique et ça se termine

On ne va pas se leurrer, l'"Eroguro" c'est l'art de l'infamie poussé à son extrême limite et bien sûr il n'y avait que les nippons pour inventer un art pareil. Bien que dans une certaine mesure certain textes de Guyotat ou de Bataille laisse percevoir quelque similitudes. Et qu'à ma connaissance le seul artiste occidental à jumeler avec autant de force cruauté et perversion soit l'écrivain Clive Barker.
Mais fait intéressant et ce qui est également la source de suggestion de du mouvement est que les auteurs s'attachent à dépeindre l'ultraviolence comme un trop plein de pulsions sexuelles et non l'inverse. A l'heure où les serial killers squattent nos petits écrans où leurs penchants sadiques n'ont plus de secrets pour personne, on pourrait au final rapprocher cet art comme un défouloir pulsionnel qui va à l'anti-thèse même de théorie mise au point par Jung et d'autres psychiatres de renom.

Quoi qu'il en soit, que l'on adhère ou pas, l'"Eroguro" est un courant qui ne peut être ignoré, qu'on aime ou que l'on déteste, qu'on le trouve nuisible ou sans importance, il est là est fait des émules que soit dans le cinéma ou dans le musique, ces oeuvres cruelles continueront longtemps d'agiter le pays du soleil levant.
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